mardi 12 mars 2013
Des jours et la mémoire des jours
Les mois ont filé, et je ne me suis rendue compte de rien.
Il y a des silences bien plus fracassants que toute parole.
Un simple regard peut dire davantage qu'aucun mot ne pourrait le faire.
J'ai tenté de réfléchir la trace, la transmission.
Je n'avais ni le goût ni ne ressentait la nécessité d'ouvrir la bouche.
Laisser ça à d'autres. Écouter le silence en dedans.
Être l'espace du silence.
J'ai voulu retourner à l'origine du souffle.
Après avoir couru à perdre haleine, poursuivie par une ombre grossissante, j'ai appris à respirer de nouveau.
Par le ventre, par la racine, par le son dans tout le corps.
Comme avant.
Il a fallu de longues heures de remous entre les plages de calme total et d'apaisement.
Difficile d'exprimer la douleur d'années accumulées pour quelqu'un déjà consciente très jeune de ce qu'elle projetait déjà, de ce qu'elle savait déjà sûr.
Arrivée à un point, regarder en arrière, et avoir la sensation d'avoir toujours su.
Retrouver les gestes, les positions.
Aller repousser la douleur au delà de l'étirement.
Balayer toute pensée par le souffle, et laisser aller.
Pendant une semaine intense, j'ai voulu reprendre tout mon corps.
Reprendre souffle.
Au bout d'heures de méditation et de yoga, de bouillon clair, de thé vert, de respirations profondes et de quête de silence... je suis arrivée à l'évidence.
Dans les tourbillons d'un océan sombre, des gouttes vertes et bleues.
Jusqu'au fond des abysses.
Lumière dans l'obscurité.
Créatures fantastiques serpentines, à la peau grise, aux dents acérés, dans l'eau noire.
Les voir disparaitre dans un tourbillon.
Sans crainte.
C'est le ciel entier, des galaxies que je vois naitre et mourir.
Assise sur une roche de lave léchée par les vagues, avec lui...
Je sais que je dois revenir, je touche déjà la pierre.
Il est au dessus de l'eau, assis, il me regarde.
Je voudrai ne jamais le quitter, je voudrai disparaître sous son regard.
Je les attendu tellement longtemps.
Je suis sur le chemin de la maison.
Au portail, prêt du mûrier, il est là, vêtu de blanc, mouillé de la tête aux pieds.
Je souris. Je sais que je suis avec lui. Je ne le quitte pas vraiment.
Il ne s'en va pas.
Je me vois en lui, me vêtir.
Il y a cette fumée noire que je veux voir disparaitre.
Je sais que je ne dois pas avoir peur.
Je ne pense qu'à le porter aussi que mon coeur le permet.
A m'y tenir, à me tenir à cette hauteur.
Lorsque je me suis réveillée, je n'ai pas pu faire autrement qu'exploser en larmes.
Mon coeur est ampli de flammes.
Depuis, j'avance comme il me porte.
En me sentant bien trop faible, bien trop fragile parfois.
Puis je retourne à la terre, je retourne à l'eau, je refais le serment de la montagne.
Alors tout s'éclaire.
Je ne suis ni meilleure ni pire.
J'apprends toujours à être.
Je suis la louve dans la forêt.
Il y a des silences bien plus fracassants que toute parole.
Un simple regard peut dire davantage qu'aucun mot ne pourrait le faire.
J'ai tenté de réfléchir la trace, la transmission.
Je n'avais ni le goût ni ne ressentait la nécessité d'ouvrir la bouche.
Laisser ça à d'autres. Écouter le silence en dedans.
Être l'espace du silence.
J'ai voulu retourner à l'origine du souffle.
Après avoir couru à perdre haleine, poursuivie par une ombre grossissante, j'ai appris à respirer de nouveau.
Par le ventre, par la racine, par le son dans tout le corps.
Comme avant.
Il a fallu de longues heures de remous entre les plages de calme total et d'apaisement.
Difficile d'exprimer la douleur d'années accumulées pour quelqu'un déjà consciente très jeune de ce qu'elle projetait déjà, de ce qu'elle savait déjà sûr.
Arrivée à un point, regarder en arrière, et avoir la sensation d'avoir toujours su.
Retrouver les gestes, les positions.
Aller repousser la douleur au delà de l'étirement.
Balayer toute pensée par le souffle, et laisser aller.
Pendant une semaine intense, j'ai voulu reprendre tout mon corps.
Reprendre souffle.
Au bout d'heures de méditation et de yoga, de bouillon clair, de thé vert, de respirations profondes et de quête de silence... je suis arrivée à l'évidence.
Dans les tourbillons d'un océan sombre, des gouttes vertes et bleues.
Jusqu'au fond des abysses.
Lumière dans l'obscurité.
Créatures fantastiques serpentines, à la peau grise, aux dents acérés, dans l'eau noire.
Les voir disparaitre dans un tourbillon.
Sans crainte.
C'est le ciel entier, des galaxies que je vois naitre et mourir.
Assise sur une roche de lave léchée par les vagues, avec lui...
Je sais que je dois revenir, je touche déjà la pierre.
Il est au dessus de l'eau, assis, il me regarde.
Je voudrai ne jamais le quitter, je voudrai disparaître sous son regard.
Je les attendu tellement longtemps.
Je suis sur le chemin de la maison.
Au portail, prêt du mûrier, il est là, vêtu de blanc, mouillé de la tête aux pieds.
Je souris. Je sais que je suis avec lui. Je ne le quitte pas vraiment.
Il ne s'en va pas.
Je me vois en lui, me vêtir.
Il y a cette fumée noire que je veux voir disparaitre.
Je sais que je ne dois pas avoir peur.
Je ne pense qu'à le porter aussi que mon coeur le permet.
A m'y tenir, à me tenir à cette hauteur.
Lorsque je me suis réveillée, je n'ai pas pu faire autrement qu'exploser en larmes.
Mon coeur est ampli de flammes.
Depuis, j'avance comme il me porte.
En me sentant bien trop faible, bien trop fragile parfois.
Puis je retourne à la terre, je retourne à l'eau, je refais le serment de la montagne.
Alors tout s'éclaire.
Je ne suis ni meilleure ni pire.
J'apprends toujours à être.
Je suis la louve dans la forêt.
Le serment de la montagne - La forêt, le corps de pierre
Je.
Le roc pourpre, violacée. Les éclaboussures de vert. Le lac glacé.
Le grand chêne et les hortensias.
Un vol de corbeaux dans la mémoire.
Je parle à la pierre.
Voile de pierre.
Tresses de lave, corps noueux, noué.
Je suis larme de pierre.
Je suis glacée dans l'eau de lave.
Glacée dans l'eau du ciel.
Statique et imminente.
Je ne veux plus sentir, ressentir.
Confondue.
Je veux être la géante de pierre, le feu palpitant au coeur.
Le sang d'étoiles.
Je suis larme de pierre.
Ils sont dans les flammes.
Je veux quitter ce feu là.
Je suis larme de pierre.
Il revient de tout son être.
Il est là, il n'est jamais parti.
Les pétales s'ouvrent autour de lui.
Un après l'autre, en constance, en milliards de rayons.
Je veux être silence.
J'ai de nouveau 10 ans.
Je suis dans ses bras.
Corps montagne. Corps de feu. Feu qui danse.
Je veux quitter les mauvaises flammes, j'ai 10 ans.
Je veux le feu des étoiles dans le coeur de la pierre.
J'entends un cri, un cri déchirant.
Un cri loin dans l'opacité de la plus sombre des nuits.
Une douleur violente.
A faire éclater la vie même.
Il est là, ils sont là.
Sphères de vies. Cellules d'un corps immense.
Bras sûrs. Bras tendus, infiniment.
Je suis larme de pierre.
Fissurée.
Fondue dans la lave.
Dans le sang de la terre.
Au coeur du cratère.
La douleur aussi puissante que la lueur.
Je veux avoir toujours 10 ans, en dedans.
Que tout le reste me quitte.
Qu'un autre voile tombe.
Je suis une goutte dans le lac glacé.
Un manteau de flocons dans le matin bleuté.
Plus tard, l'odeur de chair brulée.
Plus tard, les larmes, la fuite du temps.
La vie éphémère.
La vie au delà depuis une aube rouge, emplissant tout l'espace.
Son corps consumé.
J'ai mal.
Pourtant sereine.
Si lui s'en va, comment moi je peux rester.
Sa peau consumée me rappelle ma propre peau.
Il me ramène à mon corps que je rejette.
A ce corps que j'embrasse lorsque je remonte au delà de sa présence au monde.
Avant sa présence au monde.
Roue blanche.
Lumière et poussière.
Je veux rester larme de pierre.
Je ne veux pas qu'il me quitte.
Je dois cesser de penser.
Les mains qui tremblent.
Je ne peux pas m'empêcher d'être en colère, submergée par tout le chemin qu'il a parcouru, jusqu'où il est allé.
Tout ce qu'il est.
Roue blanche.
Je peux sourire au travers des larmes.
Le dégoût revient par vague.
C'est son éclat suspendu que je ne veux pas quitter.
Le roc pourpre, violacée. Les éclaboussures de vert. Le lac glacé.
Le grand chêne et les hortensias.
Un vol de corbeaux dans la mémoire.
Je parle à la pierre.
Voile de pierre.
Tresses de lave, corps noueux, noué.
Je suis larme de pierre.
Je suis glacée dans l'eau de lave.
Glacée dans l'eau du ciel.
Statique et imminente.
Je ne veux plus sentir, ressentir.
Confondue.
Je veux être la géante de pierre, le feu palpitant au coeur.
Le sang d'étoiles.
Je suis larme de pierre.
Ils sont dans les flammes.
Je veux quitter ce feu là.
Je suis larme de pierre.
Il revient de tout son être.
Il est là, il n'est jamais parti.
Les pétales s'ouvrent autour de lui.
Un après l'autre, en constance, en milliards de rayons.
Je veux être silence.
J'ai de nouveau 10 ans.
Je suis dans ses bras.
Corps montagne. Corps de feu. Feu qui danse.
Je veux quitter les mauvaises flammes, j'ai 10 ans.
Je veux le feu des étoiles dans le coeur de la pierre.
J'entends un cri, un cri déchirant.
Un cri loin dans l'opacité de la plus sombre des nuits.
Une douleur violente.
A faire éclater la vie même.
Il est là, ils sont là.
Sphères de vies. Cellules d'un corps immense.
Bras sûrs. Bras tendus, infiniment.
Je suis larme de pierre.
Fissurée.
Fondue dans la lave.
Dans le sang de la terre.
Au coeur du cratère.
La douleur aussi puissante que la lueur.
Je veux avoir toujours 10 ans, en dedans.
Que tout le reste me quitte.
Qu'un autre voile tombe.
Je suis une goutte dans le lac glacé.
Un manteau de flocons dans le matin bleuté.
Plus tard, l'odeur de chair brulée.
Plus tard, les larmes, la fuite du temps.
La vie éphémère.
La vie au delà depuis une aube rouge, emplissant tout l'espace.
Son corps consumé.
J'ai mal.
Pourtant sereine.
Si lui s'en va, comment moi je peux rester.
Sa peau consumée me rappelle ma propre peau.
Il me ramène à mon corps que je rejette.
A ce corps que j'embrasse lorsque je remonte au delà de sa présence au monde.
Avant sa présence au monde.
Roue blanche.
Lumière et poussière.
Je veux rester larme de pierre.
Je ne veux pas qu'il me quitte.
Je dois cesser de penser.
Les mains qui tremblent.
Je ne peux pas m'empêcher d'être en colère, submergée par tout le chemin qu'il a parcouru, jusqu'où il est allé.
Tout ce qu'il est.
Roue blanche.
Je peux sourire au travers des larmes.
Le dégoût revient par vague.
C'est son éclat suspendu que je ne veux pas quitter.
Le serment de la montagne - La promesse de l'aube
Du sang de la terre.
De mon corps.
Du coeur de lave indonésien à la roche asserrée du Tibet.
De mon corps replié.
De mon enfant qui dort à côté de moi.
Moi sur le sol.
Je disparais.
Le souvenir des pieds de lotus, la lueur verte.
La roue blanche, maintenant.
Tout passe.
Je disparais.
Il me coiffe, je disparais.
Je suis sous le voile.
Je suis liée.
Je veux rester sous le voile.
Disparaitre.
Qu'on m'ôte ce corps.
Dans les bras de la mère.
Etre la mère.
Vouloir le sens, l'enfant.
Le lien.
Il est toujours devant moi.
Il est toujours derrière moi.
Je veux disparaître.
De mon corps.
Du coeur de lave indonésien à la roche asserrée du Tibet.
De mon corps replié.
De mon enfant qui dort à côté de moi.
Moi sur le sol.
Je disparais.
Le souvenir des pieds de lotus, la lueur verte.
La roue blanche, maintenant.
Tout passe.
Je disparais.
Il me coiffe, je disparais.
Je suis sous le voile.
Je suis liée.
Je veux rester sous le voile.
Disparaitre.
Qu'on m'ôte ce corps.
Dans les bras de la mère.
Etre la mère.
Vouloir le sens, l'enfant.
Le lien.
Il est toujours devant moi.
Il est toujours derrière moi.
Je veux disparaître.
lundi 11 mars 2013
Le serment de la montagne - Le dragon et les vautours
Battement double.
Fracassant.
Multitude de cellules.
Multitude de sphères.
Multitude d'univers humains en vibration tendue.
Nid de lumière. Constellation. Explosion.
Statique et mouvant.
Solitude dissoute.
Battement double.
Le courant m'emporte.
Le dragon me soulève.
Ascension jusqu'au delà du sommet du monde.
Il est assis, il est sur le bord de la montagne.
Il regarde le dragon, le courant, l'ascension.
Il lève la tête.
Je suis derrière lui. Je suis avec lui. Je suis avec le dragon. Je suis en bas. Je suis au delà.
Je suis le vent.
Vent stellaire.
Une infime partie, un tout à toute vitesse.
Fondant dans l'obscurité.
La montée.
La chute.
La chute ou bien la redescente.
Le nécessaire retour.
Je suis dans les bras, dans ses bras.
Je dis "je pourrai mourir pour toi".
Je sais, la montagne, les vautours.
Je sais le cercle de flammes en bas.
Je sais, je disparais dans un éclat blanc à l'intérieur d'une lumière d'or.
Les yeux ouverts, j'ai mal de ce que je porte en moi.
Au réveil, je veux mourir.
Quelques jours passent, un tigre disparaît.
Je sens l'odeur de bois qui brûle.
Fracassant.
Multitude de cellules.
Multitude de sphères.
Multitude d'univers humains en vibration tendue.
Nid de lumière. Constellation. Explosion.
Statique et mouvant.
Solitude dissoute.
Battement double.
Le courant m'emporte.
Le dragon me soulève.
Ascension jusqu'au delà du sommet du monde.
Il est assis, il est sur le bord de la montagne.
Il regarde le dragon, le courant, l'ascension.
Il lève la tête.
Je suis derrière lui. Je suis avec lui. Je suis avec le dragon. Je suis en bas. Je suis au delà.
Je suis le vent.
Vent stellaire.
Une infime partie, un tout à toute vitesse.
Fondant dans l'obscurité.
La montée.
La chute.
La chute ou bien la redescente.
Le nécessaire retour.
Je suis dans les bras, dans ses bras.
Je dis "je pourrai mourir pour toi".
Je sais, la montagne, les vautours.
Je sais le cercle de flammes en bas.
Je sais, je disparais dans un éclat blanc à l'intérieur d'une lumière d'or.
Les yeux ouverts, j'ai mal de ce que je porte en moi.
Au réveil, je veux mourir.
Quelques jours passent, un tigre disparaît.
Je sens l'odeur de bois qui brûle.
Le serment de la montagne - Le feu, la lumière, la prière
Le corps replié, l'apnée.
Le flottement et l'impossibilité de s'accrocher à quelque chose de tangible.
La sensation de noyade.
Submergée.
Le corps replié.
Je suis allée en dedans chercher l'équilibre.
Je suis allée au plus profond, dans une nuée, au delà des corps glacés.
Respiration insupportable.
Apnée.
Douleur foudroyante, étirée, longue.
Une sensation d'insurpassable et la volonté furieuse de surpasser.
A vouloir déchirer ma poitrine.
Le corps replié.
Le sommeil m'a attrapé là.
L'obscurité tout autour.
Mate, profonde, l'espace.
Je me souviens de cette fois, l’apesanteur au dessus de mon propre corps.
L'espace, le corps d'étoiles.
La contraction depuis l'intérieur qui fait vibrer tout le corps.
La sensation du vide, de l’énergie circulante.
L'état fœtal, au delà.
La gorge qui brûle au réveil.
Ne pas savoir dire.
L'obscurité tout autour.
Corps d'étoiles.
On marche sur un ponton, autour de nous de grands bassins.
L'eau bleue lumineuse circule de bassins en bassins, traçant un chemin vers.
C'est la traversée.
Il se tient devant moi.
Son regard se pose sur moi, je veux le suivre, je dois le suivre.
Je l'ai toujours suivi.
Il ouvre ma marche, je veux me confondre dans ses pas.
Porte immense de lotus où il disparait dans la lumière.
Il m'attend, sous nos pieds, comme un volcan.
Une origine du monde.
Lumière rouge, lumière d'or.
Nimbe de lave autour du corps solaire.
Nappes de sang, enclose la lueur.
Le sommet de la montagne.
Le coeur de la terre.
La brûlure de 100 soleils en un battement.
Je dois revenir, il attend.
De l'espace constellé jusqu'à la montagne.
Ricoché d'un faisceau arc-en-ciel entre les parois des sommets.
Je dois revenir.
En écho depuis mon enfance, ce rêve où, sous mes pieds, le sol c'est ouvert.
Des flammes de lumière de toutes les couleurs embrasait l'espace.
Revenir...
Le flottement et l'impossibilité de s'accrocher à quelque chose de tangible.
La sensation de noyade.
Submergée.
Le corps replié.
Je suis allée en dedans chercher l'équilibre.
Je suis allée au plus profond, dans une nuée, au delà des corps glacés.
Respiration insupportable.
Apnée.
Douleur foudroyante, étirée, longue.
Une sensation d'insurpassable et la volonté furieuse de surpasser.
A vouloir déchirer ma poitrine.
Le corps replié.
Le sommeil m'a attrapé là.
L'obscurité tout autour.
Mate, profonde, l'espace.
Je me souviens de cette fois, l’apesanteur au dessus de mon propre corps.
L'espace, le corps d'étoiles.
La contraction depuis l'intérieur qui fait vibrer tout le corps.
La sensation du vide, de l’énergie circulante.
L'état fœtal, au delà.
La gorge qui brûle au réveil.
Ne pas savoir dire.
L'obscurité tout autour.
Corps d'étoiles.
On marche sur un ponton, autour de nous de grands bassins.
L'eau bleue lumineuse circule de bassins en bassins, traçant un chemin vers.
C'est la traversée.
Il se tient devant moi.
Son regard se pose sur moi, je veux le suivre, je dois le suivre.
Je l'ai toujours suivi.
Il ouvre ma marche, je veux me confondre dans ses pas.
Porte immense de lotus où il disparait dans la lumière.
Il m'attend, sous nos pieds, comme un volcan.
Une origine du monde.
Lumière rouge, lumière d'or.
Nimbe de lave autour du corps solaire.
Nappes de sang, enclose la lueur.
Le sommet de la montagne.
Le coeur de la terre.
La brûlure de 100 soleils en un battement.
Je dois revenir, il attend.
De l'espace constellé jusqu'à la montagne.
Ricoché d'un faisceau arc-en-ciel entre les parois des sommets.
Je dois revenir.
En écho depuis mon enfance, ce rêve où, sous mes pieds, le sol c'est ouvert.
Des flammes de lumière de toutes les couleurs embrasait l'espace.
Revenir...
Le serment de la montagne - Revenir
La sensation de la faim m'avait quitté. Ou plutôt, j'étais habitée par une soif immense.
Je cherchai la transparence de mes doigts dans le vent.
Mon regard ne trouvait plus où se poser, la surface des choses paraissait être une mer immense où chaque élément semblait être une goutte parmi d'autres gouttes.
Toutes semblables, toutes différentes.
Une sorte de puzzle où je ne me retrouvai pas, où je tendais à disparaître.
Hors de moi même, au sens propre.
Comme au delà de ce qui est moi.
Le sang, les os, la chair.
Le battement de cœur.
Et puis un soir, le battement qui s'accélère dans la poitrine, plus fort.
Allongée, en partance pour le sommeil.
En glissade, cette résonance en dedans, doublant la mienne.
Un frisson, une nappe de sons, un grésillement d'atomes.
Un courant traversant/traversé.
Une conscience du vide, de l'espace.
Un fourmillement.
Je suis partie.
J'ai longé les plages sous les grands filaos.
Il y avait cette salle immense, avec à l'intérieur ce qui semblait être des tableaux que j'avais peint.
Quelqu'un, une femme, était là, et les recouvrait à grandes traces longues et étirées d'une couleur pourpre.
Dans toute la largeur, depuis le sol jusqu'au sommet.
Je suis partie, j'ai avancé.
D'abord j'ai marché, puis j'ai senti le courant m'emporter.
Fluide, de plus en plus légère, j'ai arpenté jusqu'à effleurer le flanc rocailleux de la montagne immense, dans une averse de lumière.
Proche du sommet, évanescente, j'ai eu un dernier regard vers le bas, un sourire.
Il était là, juste en dessous de moi, le bras tendu par l'effort.
Est ce qu'il m'a hissé, est ce qu'il me tendait la main...
Je me suis allongée et j'ai respiré.
Le pouls de la terre depuis le sommet.
Fondue, confondue dans la pierre, dans la lumière qui éclaboussait tout.
Lorsque je me suis relevée, des monts verdoyants éclatés tout autour de moi.
C'est là que je me suis éveillée.
J'étais lui au sommet du monde.
Je cherchai la transparence de mes doigts dans le vent.
Mon regard ne trouvait plus où se poser, la surface des choses paraissait être une mer immense où chaque élément semblait être une goutte parmi d'autres gouttes.
Toutes semblables, toutes différentes.
Une sorte de puzzle où je ne me retrouvai pas, où je tendais à disparaître.
Hors de moi même, au sens propre.
Comme au delà de ce qui est moi.
Le sang, les os, la chair.
Le battement de cœur.
Et puis un soir, le battement qui s'accélère dans la poitrine, plus fort.
Allongée, en partance pour le sommeil.
En glissade, cette résonance en dedans, doublant la mienne.
Un frisson, une nappe de sons, un grésillement d'atomes.
Un courant traversant/traversé.
Une conscience du vide, de l'espace.
Un fourmillement.
Je suis partie.
J'ai longé les plages sous les grands filaos.
Il y avait cette salle immense, avec à l'intérieur ce qui semblait être des tableaux que j'avais peint.
Quelqu'un, une femme, était là, et les recouvrait à grandes traces longues et étirées d'une couleur pourpre.
Dans toute la largeur, depuis le sol jusqu'au sommet.
Je suis partie, j'ai avancé.
D'abord j'ai marché, puis j'ai senti le courant m'emporter.
Fluide, de plus en plus légère, j'ai arpenté jusqu'à effleurer le flanc rocailleux de la montagne immense, dans une averse de lumière.
Proche du sommet, évanescente, j'ai eu un dernier regard vers le bas, un sourire.
Il était là, juste en dessous de moi, le bras tendu par l'effort.
Est ce qu'il m'a hissé, est ce qu'il me tendait la main...
Je me suis allongée et j'ai respiré.
Le pouls de la terre depuis le sommet.
Fondue, confondue dans la pierre, dans la lumière qui éclaboussait tout.
Lorsque je me suis relevée, des monts verdoyants éclatés tout autour de moi.
C'est là que je me suis éveillée.
J'étais lui au sommet du monde.
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