mercredi 12 décembre 2012

Je ne fume plus

Le lait des mangues sur l'arbre au réveil. Les fleurs de frangipanier et la terre, surtout après la pluie de nuit. Le jasmin qui traîne encore sur fond de jour qui se lève. L'iode et les embrums de 5h30 du matin. Le veloutier caressant, les mangues éclatées sur le sol, douceâtres, les fleurs qui s'épanouissent sur le chemin de sable. Ce parfum de racines et de lianes qui remonte depuis le sol. L'odeur de fraîcheur du matin, parfois encore tiède de la veille, parfois embrumée, encore verte de pluie. Les algues vertes accrochées à la roche noire. Le thé vert brûlant de 6h45. Le sel de ma peau et celui de l'océan. Selon les jours, étiré jusqu'à 7h30, 8h30, en avançant dessous les filaos. Le pain chaud, le sucre et le beurre, de la boulangerie ou de la cuisine, en pensant à l'odeur de lait de ma fille encore dans ses draps tièdes. Les quelques gouttes d'huile essentielle de cryptoméria pour me réveiller vraiment. Pour amortir la sortie du sommeil. L'encens au lotus. Le Nag Champa. Le santal. Le cèdre. Ce qu'il en reste imprégné sur mon sac de toile. Encore le chemin sableux et le goudron. Le goudron qui a l'air tendre, gorgé de soleil déjà en début de matinée. Le sable chaud, comme secoué par les rayons. Le sable humide déjà enseveli par lui même. Traînées de corail et de coquillages. Poisson en décomposition sur la plage. Coquille vide chargée d'iode ramené à la maison. Algues qui écument sur le bord avec la chaleur. Le bois flottant rejeté par la mer, un rien gluant. Le bois brûlé, les restes de feu de camp. Et puis... l'étal de bois qui craque, la peau des letchis mûrs comme prête à éclater. Les tamariniers blancs, les plumes et les épines. Les épines et les petites boules jaunes des acacias. Les épines, les feuilles, l'écorce. Le combava bosselé. Les feuilles. Les nattes de vacoa qui sèchent. Les paniers de rafia. La marmite à riz à glisser dedans. Le riz. Quelque part entre le sucre cuit plein de coco râpé et le bouillon miso. La vapeur du rice cooker qui monte. Encore le thé. Tout le jour. Les épices et les aromates qui m'appellent, en tâtonnant, en étant sûre. Le bois. Le bois de pin. Le nouveau toit. L'attente. L'embrun différent le soir. Si le vent a tourné. Si les nuages ont délivré le ciel. L'attente de la terre humide. Une soif immense. Le rafia fin de ma large capeline bleu de nuit, bleu turquoise, qui retombe sur mes épaules. Le tressage chauffé, craquant. Le tressage humide, embaumant. Le murmure du jasmin dans la torpeur de fin d'après midi. Le frangipanier aussi puissant. Les feuilles de banian entassées, les noix de coco vides, les feuilles du camphrier tombées. Le jasmin épanoui dans les gouttes rondes et pleines. Les gouttes de ravintsara dans l'eau du bain de ma fille. L'odeur de la peau. L'eau glacée apaisante. Le savon au shiso avec le morceau à la fleur de cerisier accroché qui disparaît. La crème au bambou. L'autre au riz. La mangue et l'amande pour nourrir les cheveux. Une certaine douceur rassurante dans la torpeur du jardin. Ni vénéneuse ni capiteuse; malgré ce que veut bien laisser penser ma peau qui dore doucement et mes boucles brunes que je cache, en attendant qu'elles poussent. L'envie d'être discrète. L'être, profondément. Pas tout à fait effacée. Comme un nuage poudré. A peine. L'épanouissement de tout ce que je suis de fragile.

Je ne fume plus.

Thé de Noël - Gingembre et autres épices


 Comme souvent le mercredi, je dois "recharger" les boîtes à biscuits
Un petit moment que j'hésites à chercher une recette de biscuits au gingembre comme j'aime
Très fins, bien relevés et croquants
J'ai donc fait mon test en cuisine pour trouver tout pile ce que je voulais
La période des fêtes est un bon prétexte...

Je me retrouve finalement à avoir tambouiller une recette de biscuits
sur ma base habituelle
au gingembre, à la cannelle, à la vanille et au curcuma
Avec le miel et le sucre de canne bien épanouis
A moins que ça soit les épices...
Enfin bref, il faut

- 125 g de farine
- 7 c. à s. bombée de sucre glace
- 5 c. à s. de sucre de canne roux
- 3 c. à s. de miel
- 2 à 3 c. à s. de gingembre haché finement
- 1 c. à s. 1/2 de cannelle en poudre
- 1 pointe de couteau de vanille
- 50 g de beurre mou

Je conseille de faire infuser les épices et le gingembre avec le miel, pour un goût plus prononcé

On malaxe bien le tout et on obtient cette bombe de saveur sablée


 J'étale fin, à peu prêt 4-5 mm
Je conseille de bien fariner, voir de mettre la pâte un peu au frais histoire que ça soit plus simple
Enfin, si on est comme moi sous les tropiques *tousse*


J'aligne gentiment en laissant de l'espace 
Ils s'étalent un peu en cuisson 


Je les bichonne en les tapotant circulairement histoire de les étaler encore un peu de façon régulière 


Une goutte de miel avec le doigt et du curcuma au milieu
(voire on mélange le curcuma dans le miel)




A peine 5 minutes de chaque côté quand on a comme moi un vieux four pas à chaleur tournante!
C'est toujours un exercice périlleux avec ce machin 
Enfin, préchauffer le four, à température moyenne




 Surtout bien les laisser refroidir


 A cause du miel, le milieu est particulièrement croquant et parfumé avec le curcuma
En plus de la délicieuse touche de couleur qui, moi, me fait fondre


Je me suis amusée à faire des tuiles
Attention, on prend un verre, un rouleau, on saisit le biscuit tout juste sorti du four
On fait attention à ses doigts, c'est chaud
On pose, on fait prendre forme et on laisse refroidir
Un petit bonheur avec un sorbet mangue, une glace à la vanille, ou coco 
Ca ne doit pas être mauvais avec de l'ananas rôti 
(je serai tenter de dire à la badiane ou aux baies roses l'ananas
non, je n'aime pas du tout manger épicé)






Simplement pour le plaisir, une minuscule vidéo
J'adore le son produit... ça fait parti du côté savoureux de ce biscuit à mon sens 
(en bonus ma fille qui joue derrière) 






Je ne me suis pas aventurée à faire des jolies formes de Noël pour le sapin
Déjà parce que c'est pour MON thé (même si ma fille dévore)
Mais surtout, entre les fourmis, les cafards, les rats, la chaleur humide et... ma fille!
Ca ne tiendrait pas sur le sapin!
Déjà que je mets la boîte presque hors de ma portée, si en plus je les ai à vue...

Saison des pluies - Comment je savoures mes Udon


J'étais partie pour me faire des udon
En définitive, j'ai fait 1/3 farine de riz semi-complète + 2/3 farine de blé
J'aime vraiment beaucoup le riz... et je préfère les céréales complètes en général
Avec un peu moins de la moitié du poids total en eau
Eau de trempage de shiitake d'ailleurs

La pâte est plus difficile à manier, moins "élastique" que la traditionnelle pâte à udon
C'est à dire qu'elle est plus friable, la farine de riz à tendance à "sabler"
Il faut surtout faire attention au coupage/dépliage
Je conseillerai bien un tour au réfrigérateur avant la découpe
(pas trop longtemps tout de même, sinon séchage garanti!
ceci étant, pâte étalée, pliée après avoir été posée sur papier sulfu, avec une feuille humide dessous, le tout emballer dans l'alu ou le cello, ça devrait tenir
l'option chiffon humide me semble bien, mais pas trop humide)
























Brèdes Mafane - Coriandre - Basilic 


Chouchou - Shiitake - Tofu


Un bouillon sans miso, je suis en rupture de stock
Reste le siave et les algues, avec de la poudre de cresson



Le tofu et les champignons, c'est légèrement frit
Avec de l'huile de sésame
Mais avant, mélanger dans une cuillère de sirop de riz pour 2-3 cuillères d'ume su

-


Le chouchou juste poêlé avec du siave, et du basilic



Je complète mon bouillon avec les brèdes et la coriandre












A ce stade, j'ai versé l'eau chaude dans ma théière
Un thé vert parfumé fleur de cerisier/graines de tournesol/vanille
Pendant l'infusion, je mange en attendant la pluie sur la varangue
Il y a beaucoup de vent aujourd'hui
Plutôt symphonie dans les branches que clapotis tendre ou torrentiel

mardi 11 décembre 2012

Saison des Pluies - Apnea












































































































































Ne me demande jamais de parler lorsque je reprends vie dans le fond de l'eau.
Les pieds effleurant les galets polis.
Le corps passant du gris au turquoise.
Du turquoise au bleu de nuit.
Ne me demande jamais de parler lorsque je m'enroule dans la caresse glacée de l'eau.

Il me faut le temps pour supporter de nouveau les bruits et la présence.

Lit de l'eau.