Point de Pandan pour ce truc à couches plutôt gluant
Une couche de songe violet avec de l'eau de jasmin
Une de songe gris à la vanille de Bourbon
Une de chouchou avec de la confiture de chouchou/géranium
Une de banane plantain avec de la cannelle
Je tiens à mon gâteau patate, mes acras de songe et le reste
Mais j'aime autant manger végétal
Et étant accroc à ce genre de texture... c'est pas tellement difficile :)
Pour faire tenir le tout, un mélange de riz gluant, tapioca et maïzena
En version mini, il a eu droit à un peu de crème de marron délayée dans le lait de coco
C'est que je ne m'arrête pas là
Ils ont des copains à manger version salé
C'était trop tentant...
S'il reste sagement dans l'assiette (pas longtemps...)
Il côtoie le ti jacques (pas de boucané) et les brédes
Avec les doigts c'est meilleur
Même que je n'avais pas de feuille de banane sous la main
Et une p'tite salade
Chou, fenouil, salade verte, haricots plats, graines de soja jaune, pignons de pin et algue nori
Le tout arrosé de vinaigre de riz, huile de sésame, wazabi, siave et ail
Avec du cotonmilli pour finir
J'en étais restée là hier
C'est que mon lot de brédes n'allait pas se préparer tout seul
Et je ne parle même pas de ma petite fée survoltée...
En trépignant (très très légèrement...), et après avoir laissé à tremper mon écorce toute la nuit
J'ai mis à bouillir d'abord une première fois
Avec un peu de sucre roux de canne
On est loin des casseroles en cuivre de ma mémé
Qui d'ailleurs ne l'ai à jamais eu que pour la décoration sur les murs de la salle à manger
C'est à dire que la marmite et ses bouchons de liège sur le couvercle trône toujours fièrement sur le feu
Le feu d'ailleurs est à l'extérieur de la maison
Cuisine créole oblige
Il y a bien une cuisine dans les murs, mais c'est plus, disons...
Une cuisine de maison de poupée!
Même le frigo à l'air d'un placard, c'est dire.
Je bichonne donc mon écorce avec autant de sucre que d'eau
Feu doux, à couvert
En surveillant et en tournant de temps en temps
Jusqu'à arriver à évaporation complète
Qu'il faut être prudent
Histoire que ça ne se colore pas en mode caramel qui colle
Ensuite, disposition sur planche
(s'il en reste encore...)
Séchage
Que ça finisse de boire encore un peu de soleil
Et puis confiture pamplemousse comme fait Mémé
Mais c'est qu'il me reste de la pulpe et du jus!
Et comme j'ai horreur du pamplemousse...
Ca a fini en GrapefruitCurd
Version léger
C'est à dire que j'ai banni les oeufs, le beurre et la tonne de sucre
Je préfère bien fruité
Donc un peu de sucre de canne roux et de l'agar-agar
Je laisse prendre au frais et je mélange pour retrouver, disons, le crémeux
Ca fond, c'est légèrement acidulé, délicieusement amer
Evidemment, je n'allais pas en rester là
Une envie de crêpe c'est faite sentir
Mais pas n'importe quelle crêpe
Un peu de farine de blé et surtout de la farine de riz gluant
Une cuillère de marmelade de pomelo
Et du thé vert indonésien rose/letchi mixé thé vert aux fleurs vertes
Histoire de parfumer et d'ébouillanter ma préparation
(en plus d'attendre de savourer mon thé une fois la crêpe prête)
Version mini
La taille d'un pancake
Croustillant sur les bords et fondant... mais fondant...
Ca me donnerait envie de ressortir Pas de Temps à Perdre de Sa Moreira tout ça
Cachée sous une pyramide de pamplemousses
Après une longue balade entre les sugis
Avec des "pamplemoussettes" sous la main
Et des litres de thé vert
Dans ma maison qui bouge
En pierre de lave et en bois mêlés tropicaux et sugis, de l'ardoise sur le toit peut être
Tout prêt de la forêt
Un rien châlet avec mezzanine
Quelque part dans les hauts
Plutôt côté Plaine des Palmistes/Plaine des Cafres
Enroulée dans un gros pull en grosses mailles d'alpaga
Dans le salon/salle à manger/cuisine circulaire
Mon berger belge assoupi à mes pieds entre le parquet et le tapis végétal
En entendant une vache meuglée, mes légumes qui poussent et les fruits prêts à tomber des branches
Les dernières prunes à compoter sur le feu
L'odeur du riz qui cuit mêlée au lait de soja se faisant attendre emplissant l'air
Boucané et saucisses pendillés dans la cheminée
Peut être un fromage en faisselle qui prend
Un peu de farine sur le plan de travail
Un bouquet de mini paquerettes cueillies par ma fille sur la table
Un panier de pelotes douces avec mes aiguilles en bambou plantées dedans
Des pots en verre, des carrés de tissu, des rubans
Et de l'amour dedans
Guettant la nuit à travers le lin tendu sur les panneaux, les yeux sur la terrasse qui s'étire...
Une envie féroce de m'évaporer quelques jours à la Plaine des Cafres
Disparaître sous l'écorce, dans le brouillard
Tout juste où mon coeur de petite fille n'a jamais cessé de battre
C'est quand l'amour me vient aux lèvres comme un secret tremblant
Quelque part entre la cime des arbres où l'indigo de la nuit descend de tout son corps
Là où mes peurs et mes blessures tombent à ses pieds pour disparaître dans le lit de l'eau
Je suis plus loin que nue
On apprivoise ensemble les ombres
Je peux marcher, je peux m'endormir
Les parfums dans la course me reviennent encore...
C'était long, c'était lent, le temps qui s'étirait jusqu'à l'horizon
Étendue, j'ai attendu de voir quelque chose dans les étoiles
J'ai cherché les yeux clos dans le chant des oiseaux
J'ai attendu que le souffle m'emporte entre les branches
Le coeur battant toujours plus fort
J'ai senti son souffle depuis longtemps
Ma fragilité qui s'endort sereine entre ses paumes ouvertes
C'est comme avoir toujours joué à cache-cache entre les troncs immenses
Deux enfants éternels déjà trop vieux
Je l'ai su en foulant les scories rouges encore ardents d'un feu millénaire
Je l'ai su quand toutes les larmes
Je n'aime rien tant que le silence qui nous lie
Les gouttes de pluie qui nous sépare et nous rassemble
Et il y a ce je ne sais quoi d'oubli entre les lignes
Comme un écho entre nous
Un léger tournoiement à la surface de l'eau
Une dérobade qui glisse sur une feuille qui penche
Comme un secret tremblant qui me tient aux lèvres
Je vois la femme que j'ai toujours voulu être grandir en lui
Farouche et tranquille
En équilibre
Au bord de la tasse de thé fumant
On se rattrape dans ce qu'on perçoit du monde
Dans la douleur d'être trop fort parfois