dimanche 21 octobre 2012

Aurora






huile de coco, fleurs de frangipanier... colle jacques














Aloe vera
Pansement magique pour brûlure de corail




samedi 20 octobre 2012

Mon précieux

Saison des pluies - Réveil

Un parfum d'oubli. Un repos de l'être en équilibre sur un point d'horizon fragile.
Un souffle d'exil. Une quête de sens dans un coin de silence, tapis sous les paupières.
Un murmure, à peine.
Un rejet du monde qui déglutie encore avec peine sa rage et sa douleur, et puis...
serrer le monde jusqu'à disparition complète.
Espérer par là entrevoir le jour qui inonde.
Espérer une averse.
Un dernier fracas de ciel brouillé.
Le corps pesant de nuages en délivrance.
C'est tangible.
Immensément.
Un air du temps qui passe en laissant l'empreinte sûre d'un quotidien un rien rouillé.
Conjuguer.
Mâcher doucement les lettres.
Penser les puits asséchés, les eaux diluviennes et les gorges déployées.
Clore le chapitre, au moins en idée, diluer.
Se laisser porter par l'arbre, feuille tremblante dans le vent.
S'alléger du poids des siècles.
S'alléger de la lourdeur des heures sourdes.
Laisser les champs de bataille en préférant apprivoiser un caillou.
Saisir les derniers brins de nuit qui s'effilent.
Dentelle de jour nouveau sur les eaux sombres.
La tiédeur de draps du matin gris délavé.
Les strates sensibles vibrant sous les doigts.
Émerger du dernier rêve pour aller plonger dans une autre transparence moins brouillonne.
Aller y perdre tout ce qu'il reste de moi même.
Le corail poussière sous mes premiers pas.
Vouloir à l'infini l'indigo et les gris qui s'étirent; enlacés.
Les tresses d'embrun et d'écumes.
Le corps presque nu tout habité de silence.
Rafraîchir ma tête de brouillard et de rosée en devinant les cimes.
Une fragilité de brume toujours en train de se dissiper.
L'attente qui n'en est plus une.
La simplicité de l'origine.
Les pieds nus, le sol humide.
Le délice d'être vivante.
Lorsque chaque mouvement tout autour semble parfaire l'extrême immobilité intérieure.
Que l'esprit contemple, en suspension, l'élégance de la nuit qui s'enfuit.

Mes mains de petit jour, les étoiles qui filent entre mes doigts.

Rituel de jour levant où j'étire mes dernières traces de sommeil dans le courant.
Le coeur palpitant une sorte d'amnésie originelle,
la vague me ramenant à l'état virginal
une fois reposée sur le flanc de mon île.




vendredi 19 octobre 2012

I'm going to the roots - Sud Sauvage


 Vacoa, feu qui danse et petites offrandes au bout des doigts...
Natte, chapeau, bertelle


















"Tiens voilà Pinpin" (Private Joke Inside)






dimanche 7 octobre 2012

Blind By The Light


Shuki Nikkon



Meredith Dittmar




 Jennifer Brial



Langdone Graves



Amer Beton



Helmut Newton



Physalis Suspendu



Amer Beton



Christophe Lemaire



Marco Mazzoni



Pez de Tierra



Terakado Yukari



Anna Zwick



Andrea Farina



Augustin Teboul


Rose Wong

mercredi 3 octobre 2012

Au bout des doigts, à bout de bras

Il y a eu mes mains d'enfant
Celle de ma fille dans la mienne maintenant
Il y a eu le manque de la chaleur des mains
La famille cherchée, rapiécée, éclatée
Le temps des silences qui s'étirent
Les mains qui cherchent
Les mains qui trouvent la craie, le stylo, le crayon, le papier, l'aiguille, le crochet
La main sur le coeur
Les doigts ouverts pour apprendre à compter
J'ai jamais su
Les mains dans les poches vides
Le coeur à bout de bras
Les bras ballant attirer trop fort vers le bas
Les mains comme coupées
Les mains qui retrouvent le chemin des caresses
Enfant à chérir
Enfant à protéger
Les mains sans force
Les poings qui se serrent
Les doigts gourent d'effort
Les doigts usés
Les paumes ouvertes pour y lire je ne sais quoi
Les mains jointent
En attendant un miracle ou deux
Les mains sur le visage pour se protéger
Les mains qui cachent les larmes qui ne viennent plus
Les mains saisissant encore un sac de plus en plus léger
Demain, demain c'est loin
Les doigts qui se referment autour de la chaleur qu'il reste
L'étincelle, l'espoir qui tremble
Les doigts, les mains, les bras
Vouloir ériger un rempart autour d'elle
Tracer une route à perte de vue
Voir juste un foyer sûr à l'horizon
Marcher
Savoir le vide et la place qu'il prend
Toute la place
Et puis n'avoir jamais su la sienne
Apprendre, vouloir comprendre, être fascinée par le monde et mutilée
Mutilée du coeur
Amputée des mains

Je n'ai plus envie

Encore une mère ce matin qui parle de son fils en 6eme qui s'est scarifié avec des copains à la demande d'un grand
Ma fille qui va bientôt avoir 4 ans
La famille que je n'ai pas
Le foyer fébrile malgré toute la chaleur de mon amour
Et les efforts qui ne suffisent jamais
La réalité brutale où bâtir sur des ruines, un champ de mines
Avancer
Dans un brouillard opaque avec le regard saturé d'horreur
Avec encore le regard de l'enfance
A ne pas comprendre
Ce monde là
Ces gens là

La télévision, l'ordinateur, le téléphone, la voiture, la maison, le chien

Je n'ai plus envie

Mes dix doigts ont appris
Mes mains ont refusé de taper du poing
Mes paumes veulent simplement se refermer autour des petites mains de ma fille

Je n'ai plus envie

Des lignes
Sans ligne d'horizon
De tracés
Sans voir ma maison
Sans sentir le pas sûr
La cadence rodé d'un quotidien où voir mon enfant poussé
En graine d'espoir tangible

Je n'ai plus envie

Je sais faire
L'essentiel
Et j'aime ça, juste l'essentiel
Le temps de le prendre
Pour le jour et la nuit
De l'oreiller à l'école au coin de la cuisine

Je n'ai jamais rêvé en grand
Ou alors d'un autre monde
Mais on ne change pas les gens
Ni leur violence ni le reste

La main sur le coeur
Ma fille dedans

Le reste

Je n'ai plus envie