jeudi 1 novembre 2012

Gran Mér Kal, kel heure y lé?








photos bonbons coco et fondants : cath




 Z'enfants l'arc-en-ciel
Ter la, nou lé en l'air


fabriceuz d'ailes et de costume à la main à l'arrache








 le chaudron pour les bonbons des marmailles








mercredi 24 octobre 2012

Saison des pluies - Bleu

Paupières tremblotantes
Murs nus
Bandes de nuit
Ouverture depuis les yeux clos jusqu'aux pieds qui foulent le sol
Saut du lit
Bleu Abyssal
Pas dans le sable
Corps embrumé
M’asseoir
Goûter la lumière
Étendue de sel
Ciel limpide
Corps liquide
Pas feutrés
Eclat de rire de ma fille
Thé
Savourer
Morceau de sol recyclé
Lame grise
Gris sur bleu
Profond le bleu
Profond le gris
Ciel ouvert
Doigts engourdis
Doigts usés
Pression
Poids dans l'air
Bleu dessous la paupière
Jambes tremblotantes
Partir loin de la mère
Plus de peur
Tout juste la douleur
Le dégoût
Serrer la main de ma fille
Sable
Corps de sable
Bras de vent
Lourd le ciel
Indigo la mer
Loin la nuit en dedans
Lourd le ciel
Gris sombre étendue sur la colline
Jeté à l'océan
Grâce de l'instant
Amère
Douce amère
La place du matin
Assise
Construction de sable de fin de jour à ma place
A peine debout
Moi
A peine debout
C'est là
De sable
Mouvant
Un souffle
Tout s'envole
Petite
Grain de sable
Pression dans la tête
Bleu sous la paupière
Coup porté plus loin que la peau
Avoir voulu disparaître là
Entre les gouttes
Dans les nuances jusqu'à l'horizon
Indigo et gris sombre
Les mains tremblant encore de ce que j'ai dégagé tout l'après midi
Gris le ciel
Gris sombre



Mizu utte nokoru inochi to omoi keri

Toshiko Tonomura

Ame














lundi 22 octobre 2012

Distance

Quand j'aurai pris le temps de tout laisser aller, quelque part entre une gorgée d'eau et un horizon à perte de vue, peut être que les mots m'échapperont.
Comme ça, fluides, ou peut être fracassants.
Ils cherchent de la place pour filer, je le sens bien.

Il faudrait que je cesse de me laisser glisser comme ça, à l'intérieur d'un son cristallin qui prend de l'ampleur en dedans, en étouffant tout ce qui naît de l'ombre.

Il faudrait... pour ça que j'accepte un moment d'ouvrir les paupières et d'écouter un moment ce qu'il brouille mon silence.

Je m'accrochai aux branches.
Je veux dire, vraiment, à la cime, depuis les racines, en remontant sous l'écorce, le coeur fébrile.
Recroquevillée en 8, dans un espace blanc.
Une portion de temps arrêté.
C'est confortable et c'est fragile en même temps.
Aussi léger que du papier de soie.

C'est que je ne suis pas imperméable.


Je n'aime pas les brouilleurs de silence.

J'avance, là, sur une ligne, en tentant de prendre de la hauteur pour ne pas me laisser avaler par un fatras de choses qui ne me vont pas, et ça accroche quand même.

C'est dérangeant.

Je n'aime pas qu'on me dérange.
Ou alors pour me bouleverser.

Je suis une fille à grandes émotions je crois.
De celle qui ne vit surement quand se sentant soulevée par tous les sens.
De celle qui ne sent battre le sang dans les veines quand éprouvant des palpitations féroces.
Ca peut bien arriver pour de petits instants volés, des mots dérobés, un souffle d'air .

Ca n'en reste pas moins grand.

C'est sur les nervures des feuilles que ça se passe parfois.
Entre deux fleurs qui penchent.
Sur le toit d'une maison.
Sous la pluie.
Dans la poussière qui noircit mes pieds nus.

Ca arrive aussi soudainement que ça s'étiole.

L’éphémère a un je ne sais quoi de terrifiant pour ça.

Instantanément, je me retrouve catapultée dans un espace blanc.

Je n'aime pas les brouilleurs de silence.

J'aime autant être attentive aux bouts des doigts, au pouls, tout doucement.

Aux tracés de sable qui s'étirent et disparaissent dans l'océan.

Aux nuages saouls de pluie qui n'attendent que de disparaître encore, à l'infini revenir.

A force, je me demande s'il a jamais su me voir.
Je passe mon temps à disparaître.
Pas que je veuille délibérément jouer à cache-cache.
Juste que... c'est mon rythme.
Il y a une histoire de tempo là dessous, quand on gratte un peu pour y voir de plus prêt.
C'est toujours un désaccord de fond.

C'est usant, d'avoir le sentiment d'être un oiseau qu'on voudrait mettre en cage à peine la liberté trouvée.

Je tangue entre le bout de souffle, l'apnée féconde, celle qui porte loin, et l'intensité d'une respiration profonde.

Il me donne l'impression de sauter à pieds joints dans le vide parfois.

Quand je réalise ça, j'ai un réflexe à la con.
Les chutes, c'est risqué.
Calculer la part de risque.
Le pourquoi du saut.
Comme j'ai horreur des chiffres, j'arrête les calculs avant même d'avoir commencé.
Je m'étire dans mon silence, en repoussant dans les coins des lettres qui s'entassent à force.
Enfin, je ne suis pas allée vérifié.
Peut être qu'elles disparaissent.
Ou alors...
Ou alors elles s'empilent, un genre d'architecture étrange, avec ses rythmes et ses principes.
Je ne suis pas allée vérifié.

Je préfère une autre gorgée d'eau.
Et l'horizon qui danse.